3.13 | J’essaie

Temps de lecture : 2 minutes

Ferme ta porte, réapproprie-toi notre carrousel émotionnel.
Tu divagues au coin du feu, assommé par des abus intentionnels.

Tu ne peux pas être à ce stade, refuser de te regarder dans la glace.
Omettre ce que tu viens d’expérimenter, à t’épuiser inutilement dans l’impasse.

On a troqué ton entendement, volé ta chaleur humaine…
Où étais-tu l’autre soir ? Tu as écarté l’instant crucial où j’ai embrasé ma rage, à la lueur de ta gêne.

J’attache les lacets de mes chaussures, je range minutieusement mes dossiers.
J’analyse ta pauvre allure, l’assimile immédiatement à de la pitié.

Tu es incomplet, ton mécanisme n’a aucune symétrie.
T’égarer n’est pas hasardeux, encore moins tes épisodes soudains, que tu maquilles de mépris.

Es-tu en équilibre ?
Après ta dernière dernière cigarette consumée ?
J’examine tes feuilles vertes sur ma table. Visiblement, tu t’y es réaccoutumé.

J’essaie de te convaincre, de te lire l’un de mes poèmes.
Tu me dévisages, t’excuses dans l’effusion, hystérique d’un stupide “je t’aime”.

Tu m’accuses, tu contestes. Pourtant, tu sais que j’ai raison.
Le monde ne fonctionnera jamais à ta guise, à la couleur de ton blason.

J’essaie de nous sauver, de nous sortir du ravin.
Ne vois-tu pas combien je m’acharne à bâtir quelque chose d’ancrée, un avenir plus sain ?

Petite autruche, pourquoi joues-tu l’innocent ?
Tu ne remporteras rien dans la démesure, à chaque fois que tu te défileras devant mes arguments.

J’essaie d’être nous, j’essaie d’être toi.
Tu confortes les gens qui parodiaient nos extravagances, ceux qui se moquaient de notre foi.

Verrouillons ensemble cette foutue porte, appliquons rigoureusement tes putains de conseils.
Ne dis pas que c’est anodin, qu’il est normal que tu te sois mis en veille.

Tu ne peux pas être à ce stade, à ce point automatisé.
Ne vois-tu pas que j’essaie ?
J’essaie d’éteindre les flammes que tu ne cesses d’attiser.

0
    0
    Votre panier
    Votre panier est videMDSH Store