3.11 | Artificiel

Temps de lecture : 2 minutes

Je trace des voies incomplètes, partiellement avantagées.
Je me rassure, relativise, à scander que ce n’est que passager.

Je ne supporte pas d’être seul, je n’arrive pas non plus à m’entourer.
Je m’installe entre des lignes de codes, je m’évade afin de mieux m’engouffrer.

J’invente un pseudo, j’interfère avec des profils par milliers.
Je complique les situations, provoque les gens, à taper sans arrêt des pieds.

C’est risible, je mystifie l’embarrassant, je ne raconte que des calamités.
Ils jugent mes photos, mes critères, à m’accoster d’une irréparable bestialité.

Ils demandent mes mensurations, si je corresponds à certaines généralités.
Quelle position je préfère ou si je possède un fantasme atypique, à rassasier.

Suis-je un partisan, un complice, si je ne déguerpi pas dans la foulée ?
L’artificiel me fascine, il m’obtempère. Il sectionne des comportements primaires qui, de mes doigts, sont défilés.

N’est-il pas flagrant que ma lubie actuelle est de me détruire ?
Peut-être qu’à force d’augmenter la température, j’éprouverais enfin une notion de plaisir.

Le virtuel rend stoïque, il n’y a rien de complexe à comprendre.
Il est bondé de stéréotypes, on vous sélectionne tel un objet, qu’il ne reste plus qu’à consommer, qu’à rendre.

Je rembobine à demain soir.
J’ignore royalement mes inspirations de la nuit passée.

Je suis aphone, perché, sur une défense provisoire.
Je m’accuse lorsqu’on me qualifie de narcissique ou de froissé.

L’artificiel me déconnecte, il instrumentalise ma crédulité.
Des applications ne m’apaisent pas, au contraire, elles immolent mes insécurités.

Je fréquente un endroit néfaste, virtuellement envoûté.
Il existait tellement de signaux, de contrastes… et pourtant, je n’ai rien écouté.

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