3.6 | Professionnel

Temps de lecture : 1 minute

La trame commence sur un escroc, un job étincelant.
Elle s’achève parce qu’il ne s’agit que d’un crapaud, qui vous corrompt avec son filtre embellissant.

J’ai sauté de ma calèche, en sachant qu’elle retournerait à son état de citrouille.
Je n’avais que faire des braises de mes états d’âme, de la croissance de mes propres trouilles.

Comme Cendrillon, j’ai échangé mes souliers.
J’ai troqué mes études contre une mallette, des rendez-vous à négocier.

Mon directeur ne dispose pas de baguette, mais d’un costume parfaitement taillé.
Allègrement, il déploie une ambition contagieuse, mais sa finesse reste quelque peu distillée.

De quoi pouvais-je me plaindre ?
J’avais rencontré une figure de réussite afin de m’apprendre à me débrouiller.

J’aurais pu tenter de me contraindre, remercier le ciel de posséder un toit et des contacts, partant pour me dépatouiller.

À défaut que, chaque soir, un néant rebondissait sur les échos de ma poitrine.
Je nourrissais ma cupidité, mes désillusions, ne serait-ce que pour me saupoudrer d’adrénaline.

Faussement indépendant, j’ai capitulé aux alentours de minuit.
Fallait-il que je me broie, obstinément ? Ouvrez-moi sur un système de contrats, les marges de mes produits.

La diplomatie permanente, une pointe de mépris, de manipulation.
J’ai soldé mes idéologies, mes semblables, pour d’incommensurables combustions.

Est-ce que tout comme Cendrillon, je suis redevenu qui j’étais ?
À en juger ma démission sur le bureau de ma marraine, je n’étais pas aussi professionnel que je le pensais.

1 commentaire

  1. Je me demande vraiment si les gens se rendent compte du niveau de profondeur de ton recueil. Tu connectes les éléments et même avec ce niveau là c’est approfondi en détournant un truc aussi cliché que Cendrillon et en faire un truc jamais vu 😳

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