3.3 | Toutes les fois

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J’ai démarré ma voiture, sans destination précise.
Un brin dépité d’avoir remis mes doigts dans une prise.

Je ne veux plus contempler ma naïveté.
L’effroyable habitude de m’approprier tes propos mousseux, de les breveter.

C’est une tribulation supplémentaire, une malédiction.
Te revoir, perdre haleine, quand vais-je combler un semblant de contradictions ?

Ce n’est pas ma dernière érosion, la plus douloureuse de ta liste.
J’ai de la poigne sous mes réactions, à t’ankyloser gratuitement sur des pistes.

C’est une surcharge supplémentaire, de l’optimisme consumé.
Ce n’est pas la dernière larme qui découlera des ultimatums assumés.

Après une telle accumulation, je ne voulais pas me taire.
Je ne m’alourdirais pas d’approximatif, encore moins d’éphémère.

L’incompréhension permanente, mes sanglots sur le parquet.
C’est le motif pour lequel j’ai emprunté cette mégapole, émerveillé par ses immenses quais.

Un constat évident, notre deuil engendré.
Ce n’est pas parce que j’ai décidé de partir, que je ne dispose pas de regrets.

Je tentais d’estomper toutes nos fondations, tout ce que tu m’as arraché.
Toutes les fois où j’ai cru te croiser au coin d’une rue sombre, dans l’allée de mon supermarché.

Toutes les fois où je t’ai cherché en silence, où j’ai prétendu que tu ne comptais plus.
Que je ne me souvenais pas du son de ta voix, de cette absence m’engloutissant tout cru.

Pour les échantillons de tes caprices, les extraits où tu m’as segmenté.
J’ai dû partir, l’oxygène était un rappel de combien je n’étais plus fonctionnel.
Il démontrait que, sans toi… je me suis fragmenté.

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