2.12 | Dix fois

Temps de lecture : 1 minute

Dix fois par jour, je songe à toi, amour.
À ce moment où les aléas m’ont poussé à te lâcher.

Il était à peine neuf heures du matin quand j’ai rassemblé tes affaires.
J’en ai eu assez de tes regards de travers, ton égoïsme, tes suspicions à l’arraché.

J’ai remballé les huit derniers chapitres, ce qu’on avait entassé.
On faisait du surplace, gelé dans nos dogmes, à renier combien nous étions dépassés.

Il ne fallait que sept petits mots pour drainer l’intégralité de mes blessures.
Il suffisait de six maudits jours pour que je tire un trait sur nos possibilités, que je reprenne mon armure.

J’incarnais la cinquième roue du carrosse, tantôt dispensable, tantôt déformée.
Tu énumérais inlassablement ce qui n’allait pas chez moi, à insister vigoureusement pour me transformer.

L’épuisement de se plier en quatre, toutes nos névroses et mes états.
Je ne pouvais plus me tourmenter à la moindre chute, me tracasser pour chaque faux pas.

J’ai menti en prétendant qu’on retrouverait un semblant de nos liens.
Que je pardonnerais les ritournelles, que ton infidélité n’était que trois fois rien.

Mais, à chaque fois, l’issue n’était pas mienne.
Nous n’étions pas en harmonie, jamais conçus pour que nos garanties tiennent.

Nous pensions être deux dans cette relation.
Pourtant, dix fois par jour, je constate un élément :

Je me suis laissé berner, volontairement.
À sens unique dans toute cette peine.

À contre-sens dans cette union.
Tu as gaspillé tous mes “je t’aime“.

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