2.5 | Impopulaire

Temps de divertissement : 1 minute

J’étais étriqué sur les bancs de mon école, discutable comme étudiant.
J’ai adapté mon programme, celui d’une poupée qui ment, sciemment.

Sans réelle surprise, j’ai tout détesté.
La moralité de mes professeurs, les embrouilles devant mon lycée.
Ma façade meurtrière, les réflexions rancunières, entremêlées d’une précaire scolarité.

D’un œil extérieur, je n’étais que celui sans parents.
Celui qui peut recevoir, tandis que les autres se réfèrent à papa et maman.

Un prototype, un fantasme, celui d’un adolescent totalement libre.
Mes camarades partaient du constat que j’avais déjà dompté l’équilibre.

Ils brandissaient ma pancarte d’impopulaire, j’aboyais à m’en retourner l’estomac.
Ils ridiculisaient la collection grandiose de mes échecs, mais davantage, celle de mes traumas.

Ils avaient le réconfort de rentrer le soir, récusés d’un silence interminable.
Pendant ce temps, je courais des kilomètres pour une touche d’approbation, un affectif insaisissable.

Je ne faisais que me morfondre, d’ores et déjà damné.
Je séchais pour éviter leurs moqueries, ces critiques fracassantes, durant mes pauses-déjeuners.

De l’attitude comme bouclier, entrecoupée de nombreuses soirées.
J’ai enduré le moindre obstacle, à brosser leurs jugements, sur chaque arrêt.

Je haïssais les rumeurs, autant que ceux qui les éclopaient.
Je devais fournir cent fois plus d’efforts pour m’intégrer, devenir invisible. Ironiquement, pour qu’on me foute la paix.

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