2.1 | En attendant

Temps de lecture : 1 minute

Je prends la même place sur les dernières semaines, désorienté.
Je reste immobile, je fixe l’heure, je me demande de quelle manière je dois patienter.

Pourquoi se contraindre, quand je pratique peu, mais l’exerce bien ?
Pourquoi te plaire, si je ne te revois pas, si tu n’es pas mien ?

En attendant, je n’ose plus bouger.
Je résiste pour ne pas disparaître entièrement.
En t’attendant, je compte les secondes. Crois-tu que ça m’amuse de tout perdre, de me tordre constamment ?

C’est un aller-retour à la case départ.
J’attends qu’on me sauve et paradoxalement, je ne suis pas une victime, celle qu’on épie sur le côté d’un trottoir.

Je reviens sur mes pas, conteste la variation de mes effets.
Ma thérapeute suggère que je suis resté sur un précédent. Elle évoque que parfois, j’ai du mal à encaisser les faits.

En attendant, je me divise sur les saisons.
Je ne peux m’empêcher de réécrire le scénario, d’imaginer un nouvel horizon.

Ce n’est pas que je suis inapte à le faire.
C’est qu’en réalité, je ne sais pas comment construire ma vie.

C’est pour cela que j’implore, j’envisage, j’espère.
Déceler la réponse sous un oreiller, dans les recoins de mon lit.

J’ai déjà pris la même place sur les semaines passées, prévoyant.
Je fabule sur nos prémices, j’attends autant pour du bon temps.

Je me demande si, de temps en temps, tu dérailles en accrochant mon nom au tiens.
En t’attendant, je désespère, ça m’exaspère, d’agrémenter notre montagne de trois fois rien.

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