1×02 | Mauvaise intuition

Temps de divertissement : 5 minutes

PRÉCEDEMMENT DANS PUZZLE

Un emménagement avec un web-développeur aux facettes intenses, des aveux d’une petite soeur prête à tout pour sauver son héritage. Élise et Annabelle ne sont qu’au début de leurs aventures…

| 02 SEPTEMBRE 2025 – 22 : 50 |
| EROZ – APPARTEMENT DE SILVER. |

Il peut arriver que d’un coup, une mauvaise intuition vous gagne.
Elle s’infiltre inexplicablement, sans que vous puissiez la pointer du doigt.

Elle n’est pas toujours précise, encore moins fiable, mais dans la plupart des scénarios, elle accapare la totalité de vos sens.

Un brouhaha se fait entendre derrière la porte, alors qu’Élise Pétronova traverse le couloir et glisse l’arme derrière son dos.
Elle hésite, une fraction de seconde, avant d’actionner le verrou de sa main gauche.

De l’autre côté, se tient Laetitia Boyer, visiblement inquiète.
Elle s’immisce dans l’appartement, alors qu’Élise referme la porte, le cœur battant à cent à l’heure.

Annabelle, inquisitrice, fait dépasser sa petite tête du canapé.
Quant à sa colocataire, elle s’efforce de cacher l’arme.

ÉLISE :
(Elle tente de paraître calme.)
« Que fais-tu ici ? »

LAETITIA :
(Elle lui répond.)
« Je te rappelle que nous avons synchronisés nos localisations. »

Annabelle regarde autour d’elle et saisit un plaide mauve sur le canapé.
Elle le déplie et recouvre grossièrement le corps de Silver.

LAETITIA :
(Elle ajoute, en examinant une peinture accrochée dans le couloir.)
« Vous ne répondiez pas toutes les deux.
Quand je me suis rendu compte que vous étiez sur Eroz, j’ai eu un mauvais pressentiment… »

Élise sous le coup de l’adrénaline, repasse devant Laetitia et s’interpose pour qu’elle n’avance pas.
De sa main libre, elle bloque le seuil du salon.

Au même moment, Annabelle prend un gilet noir entreposé sur l’une des chaises de la salle à manger.
Elle l’enfile pour camoufler ses blessures.

Par la suite, elle regarde autour d’elle et repère le masque blanc à même le sol.
Elle tape dedans, le masque glisse sous le canapé.

ÉLISE :
(D’une voix fluette.)
« Il ne fallait pas t’inquiéter, on va bien. »

LAETITIA :
(De plus en plus suspicieuse.)
« Qu’est-ce qui se passe ?
Où est Anna !? »

Annabelle enjambe une mare de sang et vient se tenir à côté d’Élise.

ANNABELLE :
(Elle prend la pause, puis annonce.)
« Ton obsession à mon égard est hallucinante. »

Laetitia grogne contre Annabelle et tente une seconde fois d’entrer dans le salon.
Les filles continuent de bloquer le passage.

LAETITIA :
(Elle essaie de jeter un coup d’œil.)
« Il y a quoi dans cette pièce ? »

ANNABELLE :
(Elle empêche Élise de répondre.)
« Un… plan à trois ! »

LAETITIA :
(Elle aboie sur Anna.)
« Très drôle. »

ANNABELLE :
(Elle fait mine de désirer Élise.)
« On a découvert que nous avions une attirance l’une pour l’autre.
Contrairement à Mélissa et Nathalie, on ne voulait pas renoncer aux hommes. »

Annabelle pince discrètement le bras de sa colocataire.

ÉLISE :
(Elle déclare difficilement.)
« Voilà.
Un plan à trois. »

LAETITIA :
(Son attitude change, lorsqu’elle désigne les talons d’Élise)
« Je rêve où… »

Laetitia ne finit pas sa phrase.
Annabelle baisse sa tête et constate que les chaussures de sa colocataire sont recouvertes d’un liquide rougeâtre.

Elle lance un regard noir à ses amies, qui tentent une troisième fois de bloquer le passage, en vain.

Laetitia entre dans la pièce et pousse un bruit de stupeur, lorsqu’elle comprend que sous le plaide, se cache un cadavre.

Élise repose son couteau sur la commode du salon.
Elle inspire une grande bouffée d’air et tente de maintenir son calme.

ÉLISE :
(Elle s’approche de Laetitia, qui aussitôt, recule.)
« J’ai conscience que ça paraît flippant, mais… il faut que tu nous croies, on n’a pas eu le choix ! »

ANNABELLE :
(Elle s’empresse de la corriger.)
« Tu n’as pas eu le choix.
Je n’ai absolument rien fait. »

ÉLISE :
(Elle répond sur un ton ahuri.)
« Désolée d’avoir sauvé ta vie. »

LAETITIA :
(Elle crie sur ses amies.)
« Que quelqu’un m’explique ! »

Annabelle et Élise se lancent un regard, lourd de sens.
Laetitia fixe le corps de Silver et s’avance, avec une certaine hésitation.

ANNABELLE :
(Elle scrute les taches rouges sur le mur adjacent, puis déclare.)
« Crois-moi, tu ne veux pas découvrir qui est Silver. »

LAETITIA :
(Elle s’approche du corps.)
« Qu’est-ce que tu racontes ?
Silver est mort ! »

En disant cela, Laetitia soulève le plaide.
Elle ouvre sa bouche, en guise de stupéfaction, puis scande :

LAETITIA :
(D’une mine effarée.)
« C’est impossible. »

Pendant un court instant, Laetitia perd ses repères.
Elle se relève, maladroitement et manque de tomber sur le corps inanimé.

Elle se rattrape de justesse et s’appuie contre la table basse.
Néanmoins, lorsqu’elle se redresse, elle renverse le vase hors de prix qui vient se fracturer au sol.

ANNABELLE :
(Elle couine, l’air anéantie.)
« Pas le Velluzinie ! »

ÉLISE :
(Elle ignore Annabelle qui accourt vers l’objet brisé, puis demande.)
« Laetitia, tu es sûre que ça va ? »

LAETITIA :
(Désorientée, elle répète.)
« C’est littéralement impossible. »

ÉLISE :
(D’une voix grave, elle leur rappelle.)
« Vous pensiez que j’étais folle.
Je ne le suis pas. »

Annabelle repose le morceau du vase qu’elle tient dans sa main.
Elle fait un signe de croix, lance un regard vers le ciel et se remet debout.

ANNABELLE :
(Elle surenchérît.)
« Tu viens de le planter à trois reprises.
Ne pas être folle… tout est relatif. »

ÉLISE :
(Déconcertée, elle maudit Anna.)
« Sincèrement ?
J’aurais dû le laisser t’étrangler. »

ANNABELLE :
(Elle répond d’un air sarcastique.)
« Tu ferais comment sans moi ?
Personne ne pourrait te supporter, encore moins payer une part de loyer aussi exorbitante ! »

Annabelle réalise enfin que Laetitia est en état de choc.
Elle vient prendre sa main et la guide jusqu’à la table de la salle à manger.

LAETITIA :
(Elle s’assoit, puis bredouille.)
« Je faisais ma vaisselle, quand j’ai senti qu’il s’était passé quelque chose.
Le genre de mauvais pressentiment qu’on peut ressentir et qui sort de nul part. »

ÉLISE :
(Elle s’agenouille pour se mettre à la même hauteur que Laetitia.)
« C’est difficile à digérer.
J’ai moi-même du mal à concevoir comment il a pu faire tout ça. »

LAETITIA :
(Elle regarde enfin les filles et s’indigne.)
« Vous n’avez pas l’air plus traumatisées que ça ! »

ANNABELLE :
(Elle laisse apparaître son cou et rétorque avec nonchalance.)
« On compartimente… »

LAETITIA :
(Elle marque une pause lorsqu’elle remarque les blessures d’Anna, puis demande.)
« Que s’est-il passé ? »

ÉLISE :
(Elle répond, avec une certaine lourdeur.)
« C’est une longue histoire. »

Il peut arriver que d’un coup, une mauvaise intuition vous envahisse.
Qu’elle prenne le dessus et monopolise votre raisonnement.

Vous ne décidez pas de la ressentir, encore moins du moment où elle vous frappe.
Malgré cela, il sera quand même de votre ressort de la canaliser.

Si à tout hasard, vous décidez de la suivre, il se peut qu’elle vous conduise vers une situation horrifique.

Cependant, il se peut également qu’elle vous amène vers une révélation surprenante, mais dont l’issue elle, terminera par une conclusion libératrice.

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