2.5 | Les apparences

Temps de divertissement : 3 minutes

| 05 FÉVRIER 2025 – 22 : 25 |
| PARIS – DANS UNE CHAMBRE D’HÔTEL. |

Une fois qu’on prend connaissance d’une information, il se peut qu’elle conforte nos préjugés, mais avant tout, notre perception des apparences.

On peut tenter de rester impartial, mais c’est plus fort que nous, si un élément peut aller dans notre sens, on ne pourra pas l’ignorer.

Élise Pétronova se trouve dans sa chambre d’hôtel, toujours plongée dans ses recherches.
Elle prend sa tasse de café, en sirote une gorgée et saisit la clé « Silver 0.3 » qu’elle branche sur le côté de son ordinateur.

Désormais habituée à cet exercice, Élise clique sur le dossier « Journal de Bord » et choisit aléatoirement une vidéo au sein de la liste.

Un nouvel extrait débute.
Gari, du haut de ses 16 ans, apparaît à l’écran, avec un visage boursoufflé.

Son œil gauche est complétement fermé et son nez est recouvert d’un plâtre.
Son arcade dispose de plusieurs points de sutures et trois énormes égratignures sont dispatchés sur ses joues.

GARI :
(Il lance, d’une voix enrouée.)
« Salut Silver… »

Face à cette image, Élise détourne son regard.
Elle prend une grande inspiration et refocalise son intention sur l’écran.

GARI :
(Il tente de sourire, mais grimace, face à la douleur.)
« Je t’avoue que j’ai eu peur.
Plus de peur que de mal, certes.
C’est juste que je ne sais pas comment m’en sortir. »

Élise reprend son stylo.
Elle s’intéresse au décor derrière son ami et rajoute une courte description dans son carnet.

GARI :
(Il change de position et explique.)
« Annabelle est partie à Bordeaux, Laetitia ne nous donne pas de nouvelles depuis trois semaines… c’était l’opportunité idéale pour me détacher du groupe et sortir de cette impasse. »

Gari sort du salon où il se trouve et rentre dans ce qui semble être sa chambre.
Il referme la porte, repositionne son téléphone et s’installe sur un lit simple.

GARI :
(Il se met à chuchoter.)
« Je n’ai pas pu m’empêcher de le voir.
Je lui ai demandé de me retrouver à notre cabane, mais William et Gaétan nous ont surpris. Il a pris la fuite, mais moi ?
William ne m’a pas laissé partir aussi facilement… »

L’avocate comprend que William est responsable de ses blessures.
Elle s’indigne intérieurement, mais continue de se concentrer sur chaque détail de l’extrait.

GARI :
(Il se rapproche de l’objectif.)
« Je sais que tu vas être en colère en voyant ça, mais ne le soit pas.
Dès que j’ai invité Paul, j’ai directement eu une mauvaise intuition.
Et puis, j’aurais dû me douter que les choses iraient de travers.
Elles vont toujours mal de toute façon. »

Élise tente de se contenir.
Elle avale difficilement sa salive, alors que Gari paraît profondément déprimé.

GARI :
(Il enchaîne, les yeux embués de larmes.)
« Je crains que ça arrive aux oreilles d’Emma.
Quand elle m’a demandé ce qui était arrivé, je n’ai pas pu lui dire que William m’avait fait ça.
J’ai dû prétendre qu’on avait eu un accident de quad avec Nathalie. »

Élise, quelque peu écœuré, hésite presque à fermer l’extrait.
Néanmoins, elle le poursuit.

GARI :
(Il tente de contenir ses larmes, mais n’y arrive pas.)
« Tu l’aurais vu Silver, elle était morte d’inquiétude.
Je sens qu’elle ne me croit pas.
Mais, lui admettre la vérité, ça serait me confronter à… bien plus. »

Il se relève, s’empare d’un mouchoir sur son bureau et revient s’asseoir.

GARI :
(Il essuie ses yeux et poursuit.)
« J’ai peur d’eux.
Peur qu’ils ruinent ma vie. »

Élise saisit son stylo.
Elle entoure l’âge de Gari et semble avoir une révélation.

GARI :
(Il met sa main gauche à sa poitrine.)
« Aide-moi à me débarrasser de William.
Je sais que j’ai juré ne plus rien te demander, mais là… j’ai vraiment peur Silver.
Je souffre tellement que j’ai l’impression que mon cœur va s’arrêter. »

L’avocate note quelques mots supplémentaires, néanmoins, elle s’arrête lorsqu’elle entend Gari expirer bruyamment l’air de ses poumons.

GARI :
(Il marque une pause et éclate de nouveau en sanglot.)
« Je ne pourrais pas perdurer plus longtemps dans cet état.
C’est insoutenable pour moi… »

Gari entend du bruit, il sursaute, s’approche de son téléphone et arrête de filmer.
L’extrait se termine, laissant Élise complètement dubitative.

Elle prend sa tasse, boit le fond de celle-ci et consulte l’heure.
Elle baille aux corneilles, s’étire et se décide à regarder un nouvel extrait.

Élise Pétronova avait toujours pensé que William n’était pas une bonne personne.
À ses yeux, il incarnait le coupable parfait.

Envieux, compétitif, mais surtout, il était responsable de certains traumas que son ancien colocataire avait trainés avec lui.

Alors, il est sûr que de visionner cet extrait ne faisait que conforter ses positions.
Pourtant, ce n’est pas parce que certains éléments pointent un suspect idéal, qu’il est forcément coupable.

On connait tous le dicton qui prône que les apparences sont trompeuses.
Il se trouve que, dans ce cas de figure, les apparences étaient sévèrement erronées.


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