2.2 | Jouer avec le feu

Temps de divertissement : 3 minutes

| 21 JUILLET 2022 – 20 : 50 |
| EROZ – APPARTEMENT DE WILLIAM. |

À un moment ou à un autre, on peut frôler les limites qu’on s’était fixé.
Ce n’est pas forcément prémédité, toutefois, il sera impossible de faire machine arrière.

Annabelle Davar s’étire lentement, tandis qu’elle replace le drap qui la recouvre à peine.

Quant à son partenaire, William, il ressort de sa salle de bain et vient se glisser dans son lit.

WILLIAM :
(Il embrasse le cou d’Annabelle, puis lui demande.)
« Tu voudras commander quelque chose ? »

ANNABELLE :
(Elle acquiesce.)
« Si tu payes ?
Bien évidemment. »

WILLIAM :
(Il semble amusé.)
« C’est toi qui veux qu’on passe du temps ensemble.
Pourquoi c’est à moi de commander ? »

ANNABELLE :
(Médisante, elle prend son téléphone sur la table de chevet.)
« Il faut vraiment que je m’occupe de tout. »

WILLIAM :
(Il embrasse son épaule et lui chuchote à l’oreille.)
« Partante pour un second tour ? »

Annabelle esquisse un rire narquois.
Brutalement, elle se détache de lui, arrache le reste de la couette et l’enroule autour d’elle.

ANNABELLE :
(Elle s’avance jusqu’à la fenêtre et déclare.)
« Ma générosité à des limites. »

WILLIAM :
(Il se vexe, puis lui dit.)
« Tu pourrais arrêter d’être une peste ? »

ANNABELLE :
(Elle se retourne et affiche un sourire arrogant.)
« Si je traduis correctement, tu voudrais que je sois davantage comme Laetitia. »

WILLIAM :
(Il détourne son regard et finit par dire.)
« Je te connais suffisamment pour savoir lorsque tu tends un piège. »

Annabelle revient vers William.
Il l’ignore, alors qu’elle le fixe.

WILLIAM :
(Il ne la regarde toujours pas.)
« Souvent, je me demande pourquoi on continue de se voir… »

ANNABELLE :
(Elle rétorque, avec une forme d’évidence.)
« Car je suis divertissante au possible et que ma souplesse est pratiquement surnaturelle ? »

WILLIAM :
(Il laisse transparaître un sourire.)
« C’est probablement ça. »

ANNABELLE :
(Elle ajoute, sur un ton plus sérieux.)
« On continue de se voir, parce qu’on a quelque chose de spécial toi et moi. »

WILLIAM :
(Il secoue légèrement sa tête et plonge ses yeux dans les siens.)
« Je suis le seul à tenir à cette relation.
Quand tu me contactes, c’est que tu as quelque chose à me demander. »

ANNABELLE :
(Elle hausse ses épaules.)
« Disons que c’est une manière de joindre l’utile à l’agréable. »

WILLIAM :
(Il riposte, mécontent.)
« Au moins, tu ne démens pas. »

ANNABELLE :
(Elle lui admet.)
« Tu as raison sur un point… j’ai quelque chose à te demander. »

L’expression de William change.
Annabelle qui a conscience qu’il attend de savoir ce qu’elle veut, met un certain temps à poursuivre.

ANNABELLE :
(Elle lui dit, à voix basse.)
« Je compte organiser des retrouvailles.
J’ai besoin que tu sois présent.
Qu’on soit tous présent. »

WILLIAM :
(Il lui fait les gros yeux.)
« Tu veux dire… avec Gari ? »

ANNABELLE :
(Elle rétorque évasivement.)
« Pas que. »

WILLIAM :
(Il retient son agacement.)
« Je n’ai pas envie de le voir.
Je crois que le reste des gars non plus. »

ANNABELLE :
(Elle le supplie du regard et ajoute.)
« Parce que tu penses que je veux le voir ? »

WILLIAM :
(Il fronce ses sourcils, puis scande.)
« C’est toi qui veux organiser un truc !
Personne ne te le demande. »

ANNABELLE :
(Elle s’approche de lui.)
« Si je veux faire ce weekend, c’est qu’il y a une raison. »

WILLIAM :
(Elle l’embrasse, lorsqu’il réalise un détail et se recule.)
« Tu te rends compte qu’il est mythomane !? »

ANNABELLE :
(Elle le regarde, outrée qu’il se détache et lui balance.)
« Tu es naïf de conclure qu’il a menti. »

WILLIAM :
(Il incline légèrement sa tête et lui dit, méfiant.)
« Comme si tu avais la moindre preuve. »

ANNABELLE :
(Elle lui répond, avec une certaine prudence.)
« Depuis l’année dernière, j’en ai. »

Un silence s’installe entre les deux.
William, qui ne sait pas quoi penser, évite de croiser le regard d’Annabelle.

ANNABELLE :
(Elle revient à la charge.)
« Si je te promets qu’à la fin du weekend, on aura sa boîte entre les mains, peux-tu faire un dernier effort ? »

WILLIAM :
(Il rétorque, d’une voix grave.)
« Gaétan a enfin terminé ses années de médecine, Kevin a ouvert son propre garage… personne n’attend après la promesse de cet abruti. »

ANNABELLE :
(Elle n’en démord pas.)
« La boîte est réelle.
Sinon, je n’aurais pas décidé de nous rassembler. »

WILLIAM :
(Il la regarde enfin.)
« Ton idée c’est de faire un weekend et par magie, on va tous avoir des millions d’euros à la fin ? »

ANNABELLE :
(Elle secoue sa tête et enchaîne.)
« Fait-moi confiance. »

Quelquefois, sans même que l’on s’en rende compte, on franchit une limite.
On agit dans le feu de l’action, sans réfléchir aux conséquences.

Cependant, une fois la barrière franchise, il est déjà trop tard.
Il sera impossible de changer les décisions prises.

À cet instant, Annabelle pense maîtriser la situation.
Elle croît même être la plus intelligente de ses amis.

Si seulement elle avait su que parmi eux, se cache un sociopathe prêt à tout pour lui ruiner sa vie, elle aurait incontestablement évité de jouer avec le feu.


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