2.1 | La curiosité

Temps de divertissement : 3 minutes

| 12 OCTOBRE 2021 – 17 : 45 |
| PARIS – CHAMBRE DE GARI. |

La curiosité est une chose normale.
Un sentiment qui anime n’importe qui, de temps à autre.

Cela peut être dû au fait que vous voulez comprendre une situation ou encore, que vous éprouvez le désir d’en apprendre davantage.

Finalement, peu importe son origine, votre curiosité vous amènera toujours à voir les choses sous un nouvel angle.

Gari se tient à son bureau, lorsqu’il entend quelqu’un toquer à sa porte.
Il scande d’entrer et Élise s’introduit dans sa chambre, déjà prête pour sa soirée d’anniversaire.

GARI :
(Il lui indique de tourner sur elle-même et s’exclame.)
« Cette bombe ! »

ÉLISE :
(Elle touche ses cheveux et désigne son maquillage.)
« Elles ont fait un véritable ravalement de façade. »

GARI :
(Il ricane, puis rétorque.)
« N’importe quoi. »

Élise vient s’asseoir sur le lit de son ami.
Celui-ci fait pivoter sa chaise et la fait rouler jusqu’à son amie.

ÉLISE :
(Un sourire aux lèvres, elle désigne sa tenue.)
« Je n’arrive toujours pas à croire tout ce que tu as organisé pour ce soir.
Même m’offrir cette robe, tu n’aurais pas dû ! »

GARI :
(Il s’empresse de lui demander.)
« La question n’est pas si j’aurais dû.
C’est plutôt : est-ce que cela te fait plaisir ? »

ÉLISE :
(Elle hoche vigoureusement sa tête.)
« Tu n’as même pas idée. »

GARI :
(Il affiche une mine soulagée.)
« Tant mieux. »

ÉLISE :
(Elle regarde les alentours.)
« Tu te sens bien dans cette chambre ?
J’espère que ce n’est pas trop petit. »

GARI :
(Il rétorque, amusé.)
« Tu plaisantes ?
Cette chambre est plus grande que mon premier appartement. »

ÉLISE :
(Elle s’étonne.)
« Tu as vécu dans un placard ? »

GARI :
(Il esquisse un léger rire.)
« C’est à peu près ça ! »

Gari reçoit un message.
Il l’ouvre, maudit l’objet, puis le repose.
Sa colocataire remarque son attitude et lui demande :

ÉLISE :
(Elle fait référence à son téléphone.)
« Un problème ? »

GARI :
(Il répond d’une manière évasive.)
« C’est Annabelle.
Rien de grave. »

ÉLISE :
(Elle insiste.)
« Alors, pourquoi tu sembles agacé ? »

GARI :
(Il sourit.)
« Parfois, elle est très intrusive. »

ÉLISE :
(Son intonation de voix change.)
« Intrusive, c’est-à-dire ? »

GARI :
(Il marque une pause et explique.)
« Elle veut que j’envoie un message à son grand frère.
Elle m’écrira jusqu’à ce que je le fasse.
Tu n’as jamais connu des gens comme ça, insistant au possible ? »

ÉLISE :
(Elle répond, à moitié amusée.)
« Samir, quand je suis en déposition et qu’il ne veut pas comprendre que je n’ai pas la possibilité de lui répondre. »

GARI :
(Il lui dit, un poil attendri.)
« Il est impatient de te parler.
Je trouve ça mignon. »

Élise change d’attitude.
Elle hésite à lui dire ce qu’elle pense réellement de sa relation avec le policier, mais finalement, s’abstient.

ÉLISE :
(Elle revient sur le sujet.)
« Annabelle c’est ton ex, c’est bien ça ? »

GARI :
(Il met un certain temps à lui répondre.)
« On est sorti ensemble quand nous étions adolescents. »

ÉLISE :
(Elle surenchérît.)
« Vous êtes restés amis depuis toutes ces années ? »

GARI :
(Il acquiesce.)
« Elle a de bonnes intentions, c’est juste qu’elle n’a pas de limites. »

ÉLISE :
(Elle se redresse et ajoute.)
« Et pourquoi elle souhaite que tu parles à son grand-frère ? »

Élise remarque que le visage de Gari s’assombrit.
Perplexe, elle lui fait signe de poursuivre.

GARI :
(Il détourne son regard.)
« C’est compliqué. »

ÉLISE :
(Elle se remet debout et ajoute.)
« Si tu souhaites en parler, je suis là. »

Gari semble réfléchir pendant quelques secondes et finit par lui dire :

GARI :
(Sa voix se brise légèrement.)
« Chaque mois d’octobre, Paul s’inquiète pour moi.
L’anniversaire de la mort de ma grand-mère arrive et je suppose qu’il sait combien cela me travaille. »

ÉLISE :
(Elle choisit ses mots minutieusement.)
« Paul est le grand frère d’Annabelle, ça j’ai compris.
Ce que je ne saisis pas, c’est pourquoi elle te demande de lui répondre ? »

GARI :
(Il paraît mal à l’aise.)
« Si je lui réponds, c’est la porte ouverte à une panoplie de problèmes. »

Élise perçoit que Gari ne souhaite pas s’étendre sur le sujet de Paul.
C’est alors qu’elle recentre la conversation sur sa grand-mère.

ÉLISE :
(Elle lui demande.)
« C’est à quelle date ? »

GARI :
(Il répond, d’une petite voix.)
« Le jour d’halloween. »

ÉLISE :
(Elle enchaîne.)
« C’était il y a longtemps ? »

GARI :
(Il fait rouler sa chaise et refait face à son bureau.)
« J’avais dix-sept ans. »

ÉLISE :
(Curieuse au possible.)
« Je peux demander la cause ? »

GARI :
(Il fait mine de se concentrer sur son ordinateur, puis bredouille.)
« Une chute dans les escaliers. »

ÉLISE :
(Prudente, elle ajoute.)
« Je vois…
Je présume que tu étais proche d’elle pour que cela te touche autant. »

GARI :
(Toujours dos à Élise.)
« Lorsque mes parents sont morts, je suis parti vivre avec elle.
Elle a toujours été là pour moi, surtout que je n’ai pas d’autre famille.
Alors, de la perdre sur des circonstances aussi… floues, ça me laisse un goût amer. »

ÉLISE :
(Elle s’exclame, surprise.)
« Tu n’as même pas un cousin éloigné ?
Quiconque !? »

GARI :
(Il répond lourdement.)
« Non…
Il n’y a plus que moi. »

Quand votre curiosité est piquée, il est difficile de ne pas la satisfaire.
Vous voulez en savoir davantage, alors qu’une vague de scénarios rince votre esprit.

Élise Pétronova avait tant de questions sur son nouvel ami, voir même, une certaine fascination pour sa personnalité.

Et si vous êtes comme l’avocate, vous allez très probablement mettre votre nez dans des affaires qui ne vous appartiennent pas.

Vous ne le faite pas à mauvais escient, certes, mais cela ne veut pas dire que vous éviterez les conséquences qui en découlent.

Ne dit-on pas : la curiosité est un vilain défaut ?
Si Élise avait appris à contenir la sienne, il est très probable qu’elle n’aurait jamais assassiné quelqu’un.

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