1×01 | L’instinct de survie

Temps de divertissement : 3 minutes

| 02 SEPTEMBRE 2025 – 22 : 45 |
| PARIS – APPARTEMENT DE SILVER. |

Existe-t-il une raison suffisante pour tuer quelqu’un ?
C’est la question qu’Élise Pétronova se pose, lorsqu’elle fait de nouveau face à Silver.

Elle regarde tantôt le masque blanc à côté du canapé, tantôt le corps de la personne à qui elle vient d’ôter la vie. Elle s’avance, d’un pas tremblant et s’attarde sur le sol, recouvert d’un liquide rougeâtre.

ÉLISE :
(Dans un état second, elle marmonne.)
« Je ne voulais pas… »

À cet instant, l’avocate réalise qu’elle vient de commettre l’irréparable.
Son pouls s’accélère, alors qu’elle constate que son tailleur bleu est tâché du sang de sa victime.

Lentement, elle déboutonne les boutons de son blaser, avant de le poser délicatement, sur la table basse.

Annabelle, sa colocataire, tente tant bien que mal de retrouver son souffle.
La jolie brune touche sa gorge, encore endolorie et pointe du doigt un vase, hors de prix.

ANNABELLE :
(Elle prend une mine soulagée.)
« Tu as failli briser un Velluzinie ! »

ÉLISE :
(D’un regard médisant.)
« Heureusement que tu as le sens des priorités. »

ANNABELLE :
(Tandis qu’elle hausse ses épaules.)
« Il coûte plus de quatre milles euros… »

ÉLISE :
(Déconcertée au possible.)
« Je. Viens. De. Tuer. Quelqu’un. »

ANNABELLE :
(Elle scrute le corps inerte, à quelques mètres d’elle.)
« En même temps, il l’a un peu cherché. »

ÉLISE :
(Toujours sous le choc.)
« C’est aller si vite… »

ANNABELLE :
(Elle se rapproche de sa colocataire.)
« Avant d’appeler qui que ce soit, nous devons nettoyer. »

ÉLISE :
(Elle n’est pas certaine de comprendre.)
« Nettoyer ? »

ANNABELLE :
(À voix basse, elle explique.)
« Regarde comment les événements se sont déroulés avec Gaétan, nous n’avons jamais eu de problèmes. Cela me conforte sur une chose, tu ne déballes jamais ce que tu sais, si tu n’es pas obligée de le faire. »

ÉLISE :
(Elle s’exclame, agacée.)
« Ta solution c’est d’appliquer la même logique que pour son meurtre… sérieusement ? »

ANNABELLE :
(Elle lève son index et précise.)
« C’était de la légitime défense. »

ÉLISE :
(Elle s’éloigne d’Annabelle et hausse le ton.)
« Et combien de fois tu penses que la police va nous innocenter !? »

ANNABELLE :
(D’une voix fluette.)
« Jamais deux sans trois ? »

ÉLISE :
(Elle rétorque, soucieuse.)
« Après tout ce qu’on a traversé, je me demande sincèrement si tu possèdes un seul pied dans la réalité… »

ANNABELLE :
(Elle s’énerve contre Élise.)
« Comme à ton habitude, tu me juges et montes sur tes grands chevaux.
À ce stade, c’est brillant que tu puisses quand même te sentir supérieure face aux autres. »

ÉLISE :
(Elle fait les cent pas, hors d’elle.)
« Dois-je te rappeler qui a signé un pacte avec le diable ? Qui a caché ce qui est arrivé dans ta maison de campagne ? J’allais presque oublier… qui a tenté de voler sa boite, à plusieurs reprises ? Si quelqu’un a bel et bien envenimé cette situation, c’est toi. »

La sonnette de l’appartement retentit.
Les filles sont surprises, elles se regardent, effarées.

Élise marche sur la pointe des pieds et fait face à la porte.
Quant à Annabelle, elle s’empresse d’aller se cacher derrière le canapé.

ANNABELLE :
(Elle chuchote.)
« Personne ne connait cet appartement ! »

ÉLISE :
(Elle scrute le couteau ensanglanté au sol et finit par le saisir.)
« C’est probablement l’un de ses complices… »

Après quelques secondes de silence, la poignée de porte est agitée.
Annabelle tente de se faire toute petite, alors que sa colocataire s’avance, d’un pas méfiant.

À défaut d’agir, Élise reste là, figée.
Elle serre le couteau dans sa main et expire bruyamment l’air de ses poumons.
Le brouhaha derrière la porte monte d’un cran, ce qui leur fait comprendre que de l’autre côté, une personne s’impatiente.

ANNABELLE :
(Elle dévisage sa colocataire, qui ne bouge pas.)
« Qu’est-ce que tu fais !? »

ÉLISE :
(Sans même se retourner.)
« Je ne suis pas certaine… »

C’est à court d’idées, qu’Élise traverse le couloir et glisse l’arme derrière son dos.
Elle hésite, une fraction de seconde, avant d’actionner le verrou de sa main gauche.

Annabelle, toujours derrière le canapé, pousse un bruit de stupeur et s’accroupit.

Alors, existe-t-il une raison valable pour agir sur l’existence d’un être humain ?
Un motif suffisant pour s’approprier le pouvoir de décider de sa vie ou de sa mort ?

Faut-il perdre tout repère ?
Être brisé à un stade de non-retour ?

Il est possible que selon les circonstances, n’importe qui puisse prendre l’étiquette de meurtrier. Votre boulanger, un ami d’enfance ou votre voisine…
Quelquefois, il ne s’agit pas d’être brisé, mais d’en avoir assez d’être une victime.

D’ailleurs, c’est peut-être pour cela qu’Élise Pétronova choisit de prendre ce risque.
Ce n’est pas qu’elle n’éprouve rien, bien au contraire.

À cet instant, en ouvrant cette porte, la jeune femme s’accroche aux dernières choses qu’elle possède : sa volonté d’en finir, mais surtout, son instinct de survie.

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