1.5 | Salut Silver

Temps de divertissement : 3 minutes

| 05 FÉVRIER 2025 – 21 : 17 |
| PARIS – DANS UNE CHAMBRE D’HÔTEL. |

Généralement, on a tendance à vouloir qu’une histoire dispose d’une morale.
Une conséquence quelconque, un critère qui a pour but de compenser les torts qui ont été commis.
D’apaiser l’injustice que l’on ressent.

Élise ferme les rideaux de sa chambre d’hôtel, le visage lourd.
Elle s’approche de ses affaires et ouvre son sac de voyage.

Elle sort son ordinateur portable, vient le placer sur le petit bureau et l’allume.

L’avocate regarde autour d’elle, pensive et revient vers ses affaires.
De ses deux mains, elle sort une boîte métallique de son sac et la pose sur son lit.

Elle fixe la serrure, hésitante et passe minutieusement ses mains derrière son cou.
Elle détache son collier et le pose au creux de sa main gauche.

Il s’agit d’une clé argentée, quelque peu atypique, où la phrase « In a Silver Cage » figure tout le long de celle-ci.

Élise s’approche de la boîte, place son pendentif dans la serrure et déverrouille l’objet.
À l’intérieur, se trouve une vingtaine de clés USB, ainsi qu’une bague en argent.
Elle saisit la bague, la passe à son annulaire et pioche l’une des clés USB.

Lentement, la jolie blonde se dirige vers son ordinateur et s’installe, face à son écran.
Elle branche la clé USB, intitulé « Silver 0.18 » qui laisse apparaître des tas de dossiers.

Élise ne semble pas hésiter une seule seconde et clique directement dans celui prénommé « Journal de bord »
Des tas de vidéos apparaissent, l’avocate clique sur la première de la liste.

Gari Vincelse apparaît à l’écran, vêtu d’une chemise blanche.
Ses grands yeux bruns regardent directement l’objectif, tandis qu’il semble chercher ses mots.

Élise reconnaît immédiatement l’ancienne chambre de son colocataire, mais également, sa coupe de cheveux.
Elle vérifie le dossier « Journal de Bord » et constate que l’extrait date de 2022.

La voix de Gari se fait entendre, alors que l’avocate met la vidéo en plein écran.

GARI :
(Il s’adresse à la caméra.)
« Salut Silver… »

En entendant cette phrase, Élise se crispe.
Toutefois, elle continue d’être attentive.

GARI :
(Il boit une gorgée de café, puis ajoute.)
« Je ne t’ai pas parlé depuis quelques temps…
Pour ma défense, je n’ai jamais été aussi heureux. »

L’avocate se relève pour aller chercher son calepin.
Pendant ce temps, la voix de Gari continue de rugir de son ordinateur.

GARI :
(Sur un ton enjoué.)
« J’adore mon job et Élise est incroyable !
Elle me fait découvrir Paris et j’ai l’impression de pouvoir recommencer ma vie à zéro. D’être une toute nouvelle personne. »

Élise revient s’installer devant son écran.
Elle ouvre son carnet, prend un stylo sur le bureau et commence à noter des éléments.

GARI :
(Il poursuit.)
« Je sais déjà ce que tu vas me dire, je ne serai jamais une autre personne. J’aurais toujours la même histoire, la même finalité.
Mais, je pense que tu te trompes Silver.
Je crois sincèrement que les choses peuvent changer pour nous deux. »

L’avocate relève la tête et s’attarde sur le visage de son ancien colocataire.
Elle écrit quelques mots supplémentaires et repose son stylo.

GARI :
(Il se rapproche de la caméra et annonce, à voix basse.)
« Je vais redescendre à Eroz le weekend prochain.
Annabelle a organisé un weekend avec l’intégralité du groupe.
Et pour la première fois, je n’appréhende pas de les revoir. »

Élise sent son cœur se pincer.
Elle secoue légèrement sa tête et tente tant bien que mal de laisser son émotivité en dehors de l’équation.

GARI :
(Il laisse apparaître un sourire.)
« Et non… je ne crains pas de voir Paul.
Je suis prêt à en finir. Avec lui, avec les zones d’ombres.
J’ai l’intention de descendre une dernière fois, d’obtenir mes réponses et ensuite, je ne regarderai plus en arrière.
Vraiment, plus jamais… »

Élise entend son téléphone sonner et ferme rapidement la vidéo.
Elle s’empresse d’aller chercher l’appareil, qui charge sur sa table de chevet.

Elle constate que c’est Annabelle, qui tente de la joindre pour la dixième fois.
Après quelques secondes, elle décline l’appel et repart s’installer devant son ordinateur.

Dans cette chambre d’hôtel, à l’abris des regards indiscrets, Élise Pétronova n’est pas réellement en quête d’une morale, ni même d’une forme de clôture.

À ce stade d’épuisement, après autant d’années de doute, de confusion et de traumas, l’avocate n’est intéressée que par un objectif : celui d’obtenir une forme de justice.

Qu’importe le temps que cela lui prendrait.
Qu’importe si elle devait l’exécuter de ses propres mains.

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