1.6 | Carrousel émotionnel

Temps de lecture : 1 minute

Comment fait-on à la suite d’un trauma ?
On le décortique, le retourne dans tous les sens.
Une fois que son concept est devenu insupportable, on procède à le refouler au plus profond de notre conscience.

Hélas, le souvenir est toujours à la surface.
Il attend patiemment, prêt à nous assommer tel un coup de masse.

Il affecte, il contamine, il envahit.
Il précède les séquelles que nous trimballons, il nous ébahit.

Sous l’angle d’un échec, d’une perte, d’une violence…
Nous disséquons les versions, les points de vue, nous tâchons d’y trouver du sens.

Mais, souvent, il n’y a que de l’injustice, aucune résolution.
C’est alors qu’il faut oublier, tout recommencer, en quête d’une résignation.

Pourtant, le carrousel tourne encore.
Il est impossible de le ralentir, d’interrompre son essor.

C’est peut-être pour cela que l’on s’efforce d’avancer.
Peu importe les circonstances, le quota de pertes et la souffrance, le carrousel continue dans sa lancée.

Comment fait-on pour ne pas avoir le tournis ?
Pour ne pas descendre du manège ?

On s’accroche sans relâche, plus fort.
On tente d’apaiser notre respiration, de poursuivre nos efforts.

Le carrousel émotionnel ne pourra pas varier.
Coûte que coûte, nous allons inévitablement mettre le pied à l’étrier.

On conteste l’incident, on l’atténue, on le démolit.
Il nous détermine lorsqu’il marque le constat d’un changement, l’origine d’une mélancolie.

Il rappelle que le carrousel émotionnel ne s’arrêtera pas, même cabossé.
Si par mégarde nous sommes éjectés du manège, il n’existe pas de seconde chance, pas d’autre essai.

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